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Il devient plus difficile d’obtenir gain de cause après avoir soumis une demande d’asile aux États-Unis. Désormais, un demandeur n’ayant pas obtenu l’asile politique sera placé en détention pour être déporté. Depuis l’arrivée au pouvoir du président républicain Donald Trump, les autorités migratoires prennent seulement 21 jours pour étudier une demande alors qu’avant ce processus prenait plusieurs mois jusqu’à quelques années. Larry Freurantin, avocat dans le domaine de l’immigration aux États-Unis, a fait le tour de la question sur VOA Kreyòl.

Le gouvernement américain durcit la loi sur l’immigration. Plus particulièrement, la loi sur la demande d’asile politique en changeant de stratégie. Désormais, les autorités américaines étudient les dernières demandes avant de passer aux premières, à en croire M. Freurantin. Il explique qu’une personne ayant déposé une requête par exemple le 1er juillet sera appelée le 22 juillet de la même année. Cette nouvelle orientation, selon ses dires, s’inscrit dans le cadre d’une politique de déportation « massive » d’immigrants de l’administration Trump.

«Avant 1996/1997, les États-Unis octroyaient un permis de travail tout de suite après une demande d’asile. Et celle-ci prenait de deux jusqu’à trois années avant l’audience du requérant. Après cette date, le délai pour recevoir un permis de travail est passé à 150 jours. Aujourd’hui ils n’accordent pas d’autorisation de travail avant d’avoir obtenu l’asile, mais encore ils appellent le demandeur au bout de 21 jours pour l’interview ». De plus, en cas de rejet de la demande, le demandeur sera placé en détention pour déportation.

Cette nouvelle orientation réduit drastiquement la possibilité d’obtenir l’asile. M. Fleurantin affirme que la personne détenue peut toujours obtenir une suspension de déportation si elle peut démontrer qu’elle a une peur bien-fondée de retourner dans son pays d’origine. Sinon, elle sera toujours gardée en détention. Pour ceux qui ne sont pas détenus, l’homme de loi indique qu’ils doivent prouver qu’ils ont subi de la persécution dans le passé et qu’ils ont une peur raisonnable de rentrer dans leur pays, sous peine d’être torturés ou tués.

En outre, le demandeur n’a même plus le temps de préparer son dossier. Sur les 21 jours disponibles, il sera difficile de se trouver un avocat ou de recevoir des documents provenant de son pays d’origine. Il sera facile donc pour les autorités migratoires de réfuter sa demande.

Désormais, il faudra donc obtenir l’asile avant de pouvoir espérer obtenir un permis de travail. Car, il faut 150 à 180 jours pour obtenir un permis de travail alors que la procédure pour l’obtention d’une asile ne dure que 21 jours.

Si la récente décision de l’administration Trump d’exiger que les demandeurs de visa fournissent leurs coordonnées sur les réseaux sociaux avait surpris plus d’un, cette nouvelle mesure sur la demande d’asile est un coup dur pour les milliers de migrants qui espèrent trouver refuge aux États-Unis.

Rappelons que l’administration du président républicain a drastiquement réduit, le quota de réfugiés accueillis aux Etats-Unis dans le cadre de sa politique de réinstallation, à 30 000 en 2019, un plus bas niveau historique. Il était fixé à 85 000 en 2016.

Source : VOA Kreyòl

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