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Gonaives – HPG en crise : entretien avec le directeur administratif, Dr. Renelique, au sujet de plusieurs affaires de vol et de corruption

3 marzo 2020

L’hôpital la Providence des Gonaives qui a vu naître de nombreux cadres et intellectuels de la Cité de l’Indépendance évoluant soit en Haïti et ou à l’étranger, est loin le temps où l’on pouvait compter sur sa gestion administrative saine et transparente. L’HPG est censé actuellement fonctionner en autarcie financière. La disparition mystérieuse des panneaux solaires, du toit de ses principaux immeubles en février dernier, n’est qu’une partie immergée de l’iceberg. Une question dont Rezo Nòdwès débat dans cette deuxième et dernière partie d’un entretien réalisé avec Jude Renelique, médecin-orthopédiste et directeur administratif à l’Hôpital la Providence des Gonaives.

Lundi 2 mars 2020 –Pour continuer avec notre entretien de dimanche soir engagé avec le Dr. Jude Renelique au sujet de vols de panneaux solaires à l’UPG, et de tout ce qui s’ensuit, Rezo Nòdwès, journal en ligne totalement indépendant et entièrement autonome, reproduit fidèlement la teneur des discussions ayant eu cours.

RN : justement, nous allions venir à cette question. A la pharmacie de la rue Lozama, le juge de paix du tribunal de la section Nord a débarqué, mandat de perquisition en main, il était au juste à la recherche de quoi ? Les batteries saisies feraient-elles partie de l’inventaire de l’HPG ?

Dr. Renelique : avant tout, laissez-moi vous faire une confidence. Dr. Chatelier m’a appelé pour me dire qu’il condamne la perquisition des locaux privés de Jude Renelique car personne n’est passé aux aveux. Et d’autant plus, s’ils étaient à la recherche de panneaux, comment se fait-il que des batteries aient été enlevées ?

RN : accordez-moi une seconde, comment Chatelier aurait-il pu savoir que « personne n’est passé aux aveux ». Jij la se moun’n pal, li te pale avè’l ? Et pourquoi ces arrestations vendredi ?

Dr. Renelique : le juge a fait ordre de dépôt et moi bien avant, j’avais répondu à son invitation. Dr. Chatelier ne sait pas trop pourquoi qu’une question de batteries rentre en jeu sachant que le système à l’UHP ne fonctionne pas avec de batteries sèches. Voilà. Si vous me permettez bien, je continue.

RN : je vous en prie

Dr. Renelique : pour l’histoire et pour la vérité, les batteries retrouvées à la pharmacie proviennent de la Floride et à toutes fins utiles, je soumettrai à votre appréciation la fiche d’achat. Ces batteries ainsi qu’un inverter m’ont été délivrées à partir du port de warf Sedren. Ne trouvez-vous pas vous-même, M. le rédacteur, un peu drôle qu’ils sont venus perquisitionner la maison pour une accusation non fondée de complicité dans la disparition de panneaux solaires et que finalement, ils s’emparent de mes effets personnels. Tandis que c’est moi qui ai recommandé les investigations.

RN : et les boites de médicaments qui seraient retrouvées dont la destination finale porterait l’adressee HPG, d’après ce que nous avions appris, qu’est-ce que vous pouvez nous en dire davantage, Dr. Renelique ?

Dr. Renelique : précision et elle est d’une grande importance. Il y a tout un niveau élevé de méchanceté et d’instrumentalisation dans cette affaire. Les hommes du juge Darius n’ont remarqué qu’une seule boite à l’intérieur de la RX avec l’adresse que vous avez mentionnée plus haut. En effet, cette boite avec l’adresse HPG a atterri chez moi quand elle était complètement vidée de son contenu, ensuite, je m’en suis servi pour déposer des fruits qu’un bon vieux paysan de Savan’n Moulen m’a apportés en signe de reconnaissance d’avoir réussi une intervention chirurgicale à succès sur un de ses proches.

RN : il y a eu perquisition vendredi à la rue Lozama et samedi matin à la Grand Rue au point, à votre clinique médicale, et au final ?

Dr. Renelique : ils n’ont rien trouvé. Ils ont fait un simple constat que je possède une pharmacie bien achalandée.

RN : à part ces deux adresses, en existe-il d’autres inconnues du milieu judiciaire ?

Dr. Renelique : j’ai une maison de résidence en construction dans une banlieue de la ville, et libres à eux d’aller poursuivre leur investigation. Les résultats seront les mêmes.

RN : avant vous disiez que des batteries ne devaient en aucun cas faire l’objet de perquisition, pouviez-vous être beaucoup plus direct, Docteur ?

Dr. Renelique : à l’HPG, le système de panneaux solaire est obsolète. Depuis mon arrivée à la tête de la direction administrative, les panneaux ne répondaient pas au besoin énorme de l’hôpital en énergie électrique que fournissent principalement deux sources : EDH, parfois ou très rarement et notre génératrice. Il n’est pas du tout question d’usage de batteries de stockage d’énergie à l’HPG.

RN : Dr. Renelique, veuillez le considérer comme votre version des faits, car nos informations nous disent quelque chose tout autrement. Si avant de conclure, vous nous parlez un peu de certaines ordonnances médicales qui sont exécutées en dehors d ela pharmacie de l’hôpital ?

Dr. Renelique : cet état de fait existait bien avant moi, mais apprenez chers lecteurs que l’hôpital la Providence des Gonaives ne fonctionne qu’avec ses propres recettes – grès kochon an ki kwit kochon an –

RN : sans blague. Epi gouvènman an ap fè tout pwopagann sa nan Port-au-Prince alors que vous venez de nous dire qu’il n’y a pas un budget fixe pour l’HPG ?

Dr. Renelique : à cause des recettes internes insuffisantes, il nous est parfois difficile d’avoir tous les molécules qui des fois, s’obtiennent ailleurs. J’ai déployé beaucoup de dynamisme. Avec moi, j’ai résolu plusieurs problèmes tels la sonographie médicale.

RN : Dr. Renelique, le mot de la fin.

Dr. Renelique : il y a plusieurs autres versions publiées qui ne sont pas correctes et ne cadrent pas avec moi, si vous me le permettez, je vais énumérer quelques-unes. Mon chauffeur n’a pas été arrêté vendredi car je n’ai pas de véhicule qui m’est directement affecté, donc, je ne saurais avoir un chauffeur personnel. Puis, je n’ai pas de proches parents parmi les employés placés en détention préventive vendredi dernier…Enfin, pour ceux qui claironnent que je ne suis jamais à l’heure au bureau, je ne laisse jamais passer 10:00 am, à moins que je sois retenu pour ne pas être à mon poste le matin du lundi au vendredi.

Avec moi, HPG joue actuellement le rôle de référence départementale… J’ai dû férocement lutter pour combattre la corruption basée en tout premier lieu sur les chèques zonbis dont le montant des salaires mensuels sont perçus par des employés vivant à l’étranger depuis 2 ou 3 ans. Et c’est tout ce qui a valu ces attaques contre ma personnalité pour une histoire de vol de panneaux qui n’a rien à voir avec moi.A l’HPG, je gagne une pitance et c’est par amour pour ma ville que j’ai accepté ce boulot.

propos recueillis par cbaRédacteur en chef à Rezo Nòdwès.

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